Rencontre avec Philippe Forest : jeudi 30 mai 2013 à 18 heures

FOREST Philippe photo C. Hélie Gallimard COUL_0A l’occasion du Salon International du Livre Bookfest, l’Institut français de Roumanie invite à Bucarest l’écrivain français Philippe Forest. Auteur du roman Le siècle des nuages, il interviendra au Lectorat de français de l’Université de Bucarest le jeudi 30 mai 2013 à 18 heures. Pour l’occasion, il sera accompagné de sa traductrice Georgeta Cristian à qui il a confié la traduction en roumain de son roman Le siècle des nuages. Cette rencontre s’adresse tout particulièrement aux étudiants passionnés de littérature française et de traduction.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Philippe Forest se tourne ensuite vers la littérature. Docteur ès Lettres, il enseigne durant sept années la littérature française dans les prestigieuses universités anglaises (Cambridge, Saint-Andrews…). Depuis 1995, il est professeur de littérature comparée à l’Université de Nantes. Il est l’auteur de nombreux essais consacrés à la littérature et à l’histoire des courants d’avant-gardes – notamment Histoire de Tel Quel -, et de trois romans – L’Enfant éternel, Toute la nuit et Sarinagara . Collaborateur de la revue Art press, il est aussi bien critique littéraire, cinématographique ou artistique. En 2007, Philippe Forest publie le roman Le Nouvel Amour, puis en 2010 Le Siècle des Nuages. Il revient en 2013 avec Le Chat de Schrödinger.

Le siècle des nuages (Gallimard, 2010 / Editura Nemira, 2013), extrait :

«Ils descendaient depuis l’azur, laissant vers le bas grossir la forme de leur fuselage, traçant doucement leur trait au travers des nuages. Le vrombissement des quatre moteurs, juchés sur le sommet des ailes, enflait, vibrant dans le vide, résonnant jusqu’à terre. Leur ventre touchait enfin la surface de l’eau, projetant à droite et à gauche un panache puissant qui retombait en écume, bousculant tout avec des remous épais qui dérangeaient les barques amarrées et remontaient haut sur le bord des berges.
C’était l’été sans doute. Les vacances étaient déjà commencées. Il avait couché son vélo dans l’herbe toute brûlée par la chaleur du soleil. Peut-être attendait-il allongé sur le sol ou bien se tenait-il assis sur un ponton, les jambes se balançant au-dessus du courant très lent. À perte de vue, le grand ciel bleu du beau temps recouvrait le monde. Il regardait descendre vers lui le signe en forme de croix de la carlingue et des ailes. Lorsque l’avion heurtait l’eau, le choc le ralentissait net. Forant dans le fleuve une tranchée immatérielle, il creusait son sillage entre les rives, rebondissant formidablement d’avant en arrière, basculant sur l’un et puis l’autre de ses flancs, oscillant sur ses deux flotteurs jusqu’à ce qu’il s’arrête enfin : rond avec son ventre vaste comme celui d’une baleine, inexplicable parmi les péniches et les navires de plaisance, immobile comme un paquebot étrange mouillant au beau milieu des terres

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